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Arrietty le petit monde des chapardeurs

Dans la banlieue de Tokyo, sous le plancher d’une vieille maison perdue au cœur d’un immense jardin, la minuscule Arrietty vit en secret avec sa famille. Ce sont des Chapardeurs. Arrietty connaît les règles : on n’emprunte que ce dont on a besoin, en tellement petite quantité que les habitants de la maison ne s’en aperçoivent pas. Plus important encore, on se méfie du chat, des rats, et interdiction absolue d’être vus par les humains sous peine d’être obligés de déménager et de perdre cet univers miniature fascinant fait d’objets détournés. Arrietty sait tout cela. Pourtant, lorsqu’un jeune garçon, Sho, arrive à la maison pour se reposer avant une grave opération, elle sent que tout sera différent. Entre la jeune fille et celui qu’elle voit comme un géant, commence une aventure et une amitié que personne ne pourra oublier…

A Koganei, dans la banlieue Ouest de Tokyo, un enfant malade vient se reposer quelques jours chez sa tante avant l’opération du cœur qu’il doit subir. Mais en traversant le jardin, il surprend une fille de son âge à la taille lilliputienne qui s’échappe en l’apercevant…

Inspiré du roman de Mary Norton paru en 1952, Les chapardeurs (mauvaise traduction de The Borowers, qui signifie « Les emprunteurs »), Arrietty, le petit monde des chapardeurs est le premier long métrage de Yonebayashi, 36 ans.  

Difficile de traduire l’enchantement que procure Arrietty, le petit monde des chapardeurs, de décrire avec précision le charme et la beauté un brin kitsch (renforcé par les compositions à l’accent celtique de la bretonne Cécile Corbel) qui émanent du 18ème dessin-animé du célèbre studio Ghibli, à qui l’on doit Princesse Mononoké (1997) ou encore Le voyage de Chihiro (2001) de Miyazaki.

C’est un conte moderne, une fable contemporaine aux accents écologique et social. Les chapardeurs sont une population de Lilliputiens à l’allure humaine qui vit cachée dans les endroits secrets des maisons, sous une trappe à la cave ou dans la cheminée et qui pour survivre, passent leur temps à « emprunter » de la nourriture aux hommes. Les Chapardeurs existent depuis des générations mais sont en menace d’extinction devant la folie destructrice des hommes qu’ils fuient comme la peste, voyant en eux le principal danger de mort.

La famille du petit garçon malade, Sho, connait l’existence de ces mini créatures depuis des générations et a toujours voulu rentrer en contact avec eux. Mais en vain. Lorsque Arrietty se lie d’amitié avec Sho, dont elle touchée par la maladie, elle brise ce cycle de méfiance.

De quoi parle Arrietty, le petit monde des chapardeurs ? D’abord de poésie. Au cœur de ce dessin animé, l’histoire d’amitié très forte entre une adolescente de 14 ans, Arrietty et Sho, un garçon malade et fils unique doublement malheureux du fait de sa situation familiale. Ses parents sont divorcés. Son père est absent. Sa mère, avant de partir à l’étranger pour le travail, l’a confiée à sa sœur qui critique ouvertement son attitude devant Sho et sa femme de ménage. Si le roman a été écrit il y a presque 50 ans, il trouve là un écho étonnamment contemporain au drame des enfants de divorcés.

Arrietty elle-même est la fille unique d’un clan et d’une tribu qui ne comptent plus que quelques membres éparpillés dans tout Tokyo. Cette diaspora des chapardeurs est une métaphore et le prétexte du film pour mettre en garde contre la menace d’extinction de certaines espèces animales et végétales. Mais le message écologique en filigrane d’Arrietty, le petit monde des chapardeurs passe avec une fluidité qui ressemblerait presque à de la légèreté. Mais l’air de rien, Arrietty, le petit monde des chapardeurs en dit plus long qu’aucun discours moralisateur appuyé.

Le sort des chapardeurs traduit aussi le drame des émigrés et des gens condamnés à l’exil dans le monde, qu’ils soient réfugiés ou apatrides. C’est de cela dont le film parle aussi avec un art subtil de l’allusion qui fait tout le sel de ce dessin animé. Et qui au-delà de sa beauté formelle, force à l’admiration. L’aller retour constant entre la musique et le dessin animé, l’image et le flot ininterrompu des compositions de Cécile Corbel, au contraire de lasser, constitue peu à peu un poème visuel à la la narration et l’équilibre dramatique quasi parfaits. Une réussite vraiment.

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