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Baisse du tourisme au Japon mais hausse des visiteurs chinois

Posté par @scion le mercredi 01 février 2012

Le Japon a perdu en une année 2,8 millions de touristes suite au triple désastre mais ne perd pas espoir en visant les visiteurs chinois.

Une baisse touristique considérable

Le nombre de touristes étrangers au Japon en 2011 a chuté de 27,8 % par rapport à l’année précédente. Seuls 6,2 millions de voyageurs ont eu le « courage » de se rendre en terres nippones suite au tsunami qui a dévasté le nord-est du pays en mars dernier.

Triste constat lorsque l’on sait que l’archipel a connu un record de fréquentation en 2010 attirant 8,6 millions de touristes.

Les événements de Fukushima ne sont pas les seuls responsables de cette baisse touristique. La hausse de la monnaie locale, le yen a en effet contribué à ce recul comme l’a rapporté l’Organisation japonaise du tourisme.

Le Japon n’a pourtant pas lésiné sur les moyens pour redorer son blason hors de ses frontières. Organisation de voyages pour les agents touristiques internationaux, rabais de 50% dans les hôtels de luxe de Tokyo… L’archipel est même allé jusqu’à imaginer distribuer gratuitement 10 000 billets d’avion mais a dû y renoncer.

Les touristes chinois, un espoir pour le Japon ?

Bonne nouvelle, cependant : le pays du Soleil Levant est devenu l’une des destinations préférées des Chinois. Selon l’office du tourisme japonais, le nombre de visiteurs chinois a atteint 92 300 personnes en novembre 2011 soit une hausse de 35% par rapport à l’année précédente. Depuis que la procédure d’obtention de visa a été facilitée, les classes moyennes chinoises peuvent en effet voyager plus aisément.

Des Chinois « chouchoutés »

Tokyo a mis les petits plats dans les grands pour accueillir ses nouveaux visiteurs. Explications en chinois dans les sites touristiques importants, hôtels proposant des services de guide en mandarin…Le Japon est prêt à tout pour faciliter le séjour des voyageurs chinois.

Les enseignes nippones ne manquent pas d’imagination pour attirer les touristes de l’Empire du Milieu. Distributeur automatique convertissant les yuans en yen, remise de 5% pour les clients inscrits dans leurs magasins en Chine ou à Taiwan… La stratégie de Mitshkoshi est claire : satisfaire la clientèle chinoise.

Le centre commercial VenusFort est allé encore plus loin dans sa technique de séduction. Affiches en mandarin pour célébrer la nouvelle année, recrutement d’employés parlant chinois… Il s’est transformé en un véritable chinatown à l’occasion des fêtes.

La période du Nouvel an lunaire est cruciale pour les commerçants nippons comme l’a rapporté l’ Organisation japonaise du tourisme au Daily Yomiuri « le nombre de visiteurs chinois sera de 20 à 30% de plus que l’an dernier ».

Pour inciter les voyageurs à consommer toujours plus, des centres commerciaux ont modifié leurs modes de paiement habituels. FamilyMart accepte désormais les cartes de crédit UnionPay, les plus utilisées par les ressortissants chinois. Tous les moyens sont bons pour faire ouvrir le porte-monnaie des Chinois.

Mais rien n’est gagné : d’autres pays de la région font également tout pour attirer les touristes chinois : la Corée du Sud serait devenue la première destination touristique dans la région des Chinois et compte bien le rester.

Alors que l'économie japonaise traverse une période morose et que le pouvoir d'achat stagne, le Japon est en train de se rendre compte de l'émergence d'une forte classe moyenne chez le voisin chinois. Les touristes envahissent les centres commerciaux de Tokyo, qui leur déroulent le tapis rouge.

Déjà constaté ces dernières années, le phénomène est d'autant plus visible visible depuis la facilitation de l'obtention des visas pour les touristes chinois. Alors que ceux-ci ne pouvaient venir individuellement que si ils justifiaient d'un salaire annuel d'au moins 250 000 yuans, ils l'obtiennent désormais à partir de 60 000 yuans par an.

Entrée en vigueur en juillet, cette mesure, qui devait, selon l'estimation de l'Agence de Tourisme Japonaise, rapporter 14 000 milliards de yens en revenus directs et indirects au Japon, et créer 820000 emplois dans le secteur touristique, semble déjà porter ses fruits.

Ainsi, selon le Guardian, le nombre de touristes chinois ayant visité le Japon a déjà augmenté de 80% par rapport à l'année dernière.

Or, la plupart des touristes chinois profitent de leur séjour à Tokyo pour faire du shopping leur activité principale. Les revenus de la classe moyenne chinoise ne cessent d'augmenter, et les chinois sont amateurs des produits japonais, considérés de grande qualité.

Selon l'Agence du Tourisme Japonaise, les touristes chinois dépensent chacun en moyenne 116,568 yens lors de leur séjour au Japon, contre 70 000 pour les taïwanais et 250 00 pour les américains.

Une aubaine pour les centres commerciaux, dont les ventes déclinent sans discontinuer depuis 27 mois, selon l'Association des Centres Commerciaux du Japon.

Des espaces réservés aux chinois dans les centres commerciaux

Devant cet afflux massif de consommateurs, les grands magasins de la capitale nippone sont déjà en train de s'adapter.

C'est pourquoi dans le quartier branché de Ginza, à Tokyo, le mandarin est presque autant parlé que le japonais.

Selon le Wall Street Journal, au centre commercial Mitsukoshi Ginza, 5 vendeuses sont bilingues, dont l'une pour la marque de cosmétique Shiseido, très appréciée en Chine. Cet hiver, la grande surface avait spécialement réservé aux touristes chinois un espace à l'occasion du nouvel an lunaire.

En décembre dernier, l'entreprise de vêtements Melrose corporation a distribué un manuel de mandarin à ses employés.

"Nous avons réalisé qu'un grand nombre de nos magasins étaient en contact avec des chinois presque quotidiennement", a expliqué le responsable presse de la marque au Guardian.

L'arrivée de ces touristes de l'empire du milieu est donc la bienvenue pour les gérants des centres commerciaux de la capitale. Elle pourrait même, selon certain, redonner du souffle à l'économie.

"La consommation des touristes étrangers sera positive pour l'économie, analyse Hiromichi Shirakawa, économiste en chef au Crédit Suisse du Japon. Nous pensons que cela aidera la croissance japonaise. Pas de manière significative, mais cela pourrait avoir une certaine ampleur".

Une confirmation de plus de la dépendance grandissante du Japon vis-à-vis de la Chine. L'année dernière, cette dernière avait dépassé les Etats-Unis comme premier pays importateur de produits japonais.

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