Pas encore inscrit ?!

Emiko Trio, rencontre avec Emiko Minakuchi.

Posté par @zaza_san le lundi 29 août 2011

La musique d'Emiko Minakuchi est un monde d'ambiances et de mélodies qui évoquent avec bonheur et mélancolie son Japon natal et l'occident contemporain. Nous avons souhaité en savoir plus sur cette artiste talentueuse.

Emiko Trio est un groupe de Jazz prometteur qui a vu le jour en octobre 2003. Il est composé de trois jeunes et brillants musiciens Emiko Minakuchi (pianiste), Hugo Céchosz (bassiste) et enfin de Francesco Pastacaldi (batteur) remplacé ensuite par Elie Duris sur le second album pour des raisons professionnelles.

Ces jeunes artistes nous ont néanmoins prouvé une maturité qui se dégage de leur musique, dans « Kokolo » leur premier album sorti en septembre 2005, suivit par « Mei » en 2009. Partout où ils passent à l’occasion de concerts, les critiques favorables à ce talentueux trio fusent. En effet, « jazz plein d’énergie », « musique légère et profonde à la fois », « aérien et frais comme un printemps. » « Parfois ça gronde comme orage qui s’impose, puis ça se calme, jusqu'à s’éteindre avant de repartir de plus bel», « public généreux sur les applaudissement, des mordus qui n’en démordait pas et en redemandait » , « cette musique qui respire à chaque note et qui fait voguer les esprits au rythme de ces envolées » sont des mots qui ont été employé lors du « Rhino Jazz » en octobre 2006 dans le journal « La tribune-Le progrès » et ceci n’est qu’un exemple !

A l’occasion de cet article sur Emiko Trio, j’ai eu la chance de pouvoir interviewer Emiko Minakuchi, la fondatrice du groupe. Mais avant de lire ses réponses, laissez-moi vous en dire plus celle-ci.

« Elle semble habitée par sa musique Jazz, par un piano assez aérien, gracile, fragile, un peu à l’image de ce petit bout de femme qui détaille ses compositions de ces mains habiles » dit le magazine « hot jazz ». Voila comment l’on peut vous décrire Emiko Minakuchi, jeune pianiste japonaise. A seulement 4 ans, elle commence à apprendre le piano dans la ville natale Yokohama au Japon. Elle étudie ensuite la musique et le piano classique à l’Université Musashino de Tokyo quatre années durant. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’elle découvre le jazz et l’improvisation à travers la pianiste Junko Onishi, ce qui pour elle, sonne comme un déclic. Voulant faire des études de Jazz, elle décida de les poursuivre en France ne connaissant pas un mot de français, après avoir assisté à un concert de Michel Petrucciani, concert qui l’a littéralement bouleversée. Après avoir contribué à de nombreuses formations de Jazz, elle enseigne dès 2003 le piano à l’école ARPEJ, là où elle-même a étudié plus tôt. Cette même année, elle forme son propre groupe (cf début de l’article). Ce trio joue les compositions originales, à la fois aériennes et pleines d’énergie, très empreintes des racines japonaises de la jeune pianiste. Deux albums, de nombreux concerts (à l'ambassade du Japon à Paris, à la Maison de la Culture du Japon à Paris, également en Israël) ainsi que de festival (Jazz à Oloron, Rhino Jazz Festival, Jazz Sous Les Pommiers à Coutances,...) se sont enchainé. Pour notre musicienne, c’est la consécration, et c'est encore loin d'être terminé…Vous pouvez suivre Emiko sur son site web, ainsi que sur son Myspace (cliquez sur le lien de votre choix).

Zaza San: Quelles sont ou ont été vos influences musicales ?
→ Emiko Minakuchi: Elles sont multiples : la musique classique (la musique pour le piano, mais aussi les concertos de Mozart, Rachmaninov, Gabriel Fauré,…), la variété japonaise (Dreams Come True, Makihara Noriyuki, Spitz, Kan,…), le rock (Led Zeppelin, Janis Joplin, Alanis Morissette,…). Paradoxalement, le jazz et l’improvisation n’arrivent que bien plus tard (à 20ans) en découvrant au hasard une émission de TV la pianiste Onishi Junko.

Z A: Y A-t-il eu d'autres instruments que le piano dans votre vie ?
→ E M: Non.


Z A: Avez-vous toujours considéré le piano comme un emploi, ou alors est-ce avant tout une passion qui n'était pas voué à devenir votre profession?

→E M: Le projet professionnel n’a été envisagé sérieusement qu’avec la découverte du jazz au travers de Junko Onishi et de Michel Petrucciani. L’aspect « passion » est évidemment consubstantiel.

Z A : Aviez-vous de la famille qui comme vous était musicien professionnel par passion ? Si oui, vous ont ils poussé à en être en vous transmettant leur savoir ?

→ E M:
Mon arrière grand-père violoniste était professeur de musique et auteur de manuels de musique. Il a été en relation proche avec le célèbre pédagogue Susuki. Il ne m’a jamais « fait travaillé » la musique, mais m’a poussée dans cette direction. La « transmission » du savoir musicale s’est faite de manière informelle, par une sorte d’osmose.

ZA : Ne connaissant pas un mot de français, pourquoi avez vous choisi Paris pour continuer vos études? Est-ce après avoir assisté à un concert de Michel Petrucciani, comme on peut le lire dans votre site ?

→ E M:
Initialement, je projetais d’aller aux Etats-Unis, à la Berklee School Of Music. C’est effectivement après avoir été, sans exagérer, bouleversée par la performance en concert de Michel Petrucciani que j’ai opté pour la France.

Z A : Avez-vous appris le Français en y vivant?
→ E M: Oui. Je suis arrivée en France en Juin 1998 sans connaître un mot de la langue. Les cours de musique commençaient en Octobre. Il a fallu faire vite, trois mois de cours à l’Alliance Française et après il fallait se débrouiller ! C’était très stressant. Je me souviens qu’au début je pleurais tous les jours !

Z A : Comment avez vous rencontrez vos deux partenaires avec qui vous formez un trio depuis 2003 ?
→ E M: J’ai rencontré « mon » bassiste Hugo Céchosz dans une jam session. C’est un musicien extraordinaire qui a la triple culture, classique, jazz et variété rock. Les batteurs ne sont pas les mêmes sur les deux albums ; Francesco Pastacaldi (sur Kokolo) qui nous a quitté pour se consacrer complètement à son projet personnel m’avait été présenté par Hugo. Elie Duris (sur Mei) a été rencontré plus tard quand nous avons fait passer des auditions pour remplacer Francesco.

Z A: D'où vous vient votre inspiration ?

→ E M: Principalement le sentiment de nostalgie pour mon pays.

Z A: Avez-vous beaucoup voyagé grâce à votre métier ?
→ E M: Un peu, pas encore assez à mon goût ! Quelques concerts en Belgique et en Israël. Mon rêve est bien sûr de jouer au Japon.

Z A: Quel a été votre plus gros défi personnel en tant que pianiste ?

→ E M: Chaque concert est un « défi », la préparation d’un enregistrement, chaque occasion nouvelle est un «défi». Un moment clé sans aucun doute, la rencontre avec le producteur de mes deux albums, Christian Gentet qui a fait confiance à la complète inconnue que j’étais, à la seule écoute d’une maquette enregistrée en trois heures à Radio-France en 2003.

Z A: Vous devez certainement avoir encore énormément de projets en tête, si oui, lesquels ?
→ E M: Continuer à développer ma musique pour le trio, la jouer le plus possible. Mais aussi écrire de la musique qui va sur « des images », que ce soit des films, …


Z A: Après "KOKOLO" et "MEI", y aura-t-il un troisième album prochainement ?
 → E M: « Prochainement»… non ! Il est écrit à moitié. Il y a donc encore beaucoup de travail en perspective. Et je ne parle même pas de la question de la production…

Photographie des deux
albums : "Kokolo" puis "Mei"

Z A: Si vous n'aviez pas été la brillante pianiste que vous êtes, qu'auriez vous voulu faire?
 → E M: « Brillante pianiste », je ne peux pas laisser dire cela. Ce n’est pas de la fausse modestie. Je considère que je suis perpétuellement « en devenir ». Pour répondre à la question … je ne sais pas ce que j’aurais fait à la place de la musique
même si énormément d’autres domaines m’intéressent.


Z A: Votre métier affecte-t-il votre vie personnelle ?
 → E M: En ce moment, c’est plutôt le contraire ! J’ai deux filles de trois et cinq ans qui demandent beaucoup de temps.


Z A: Des conseils pour nos lecteurs qui voudraient suivre votre voie ?
 → E M: Je leur conseillerais d’abord de suivre « leur » propre voie. Et sur un plan plus pratique de suivre leurs envies, d’écouter autant que de pratiquer l’instrument.


Merci à Emiko Minakuchi pour cette interview,
en lui souhaitant bonne chance pour la suite.

Pour terminer cet article, Emiko Trio, est donc un groupe très prometteur qui a encore un long avenir devant lui, et une chose est sûr, tous les amateurs de Jazz n’ont qu’une hâte : celle de leur nouvel album en préparation.

Zaza San

 

Comment vous sentez vous aprés avoir lu cet article


© 2011 Japan Vibes. All rights reserved. Japan Vibes utilise le framework Wordpress pour l'édition de ses articles.

Japan Vibes